Infolettre juin 2020

Bonjour mes chères lectrices et lecteurs,

 Après quelques semaines depuis la reprise, je constate que toutes et tous avons été impactés au niveau physique, dans nos muscles et nos corps par ce printemps déroutant. Même pour celles et ceux qui pour diverses raisons ont apprécié cette coupure (se retrouver en famille, télétravail épanouissant ou pause bienvenue), nos corps ont enregistré et stocké toutes les tensions, les incertitudes, les peurs environnantes et je vous encourage à vous offrir et à offrir à vos proches et vos enfants un massage prochainement. Le lien entre pensées, émotions et corps est de plus en plus révélé par les recherches récentes, tout passe aussi par le corps, et chaque travail sur notre esprit (psychothérapie par exemple) devrait être soutenu par un travail sur le corps. D’ailleurs les techniques qui allient les deux sont en plein développement. (EFT, EMDR, kinésiologie etc.).

Bien sûr, vous le savez, ce que je raconte je l’expérimente ! je suis allée me faire masser dernièrement et l’intensité du massage était proportionnel aux tensions vécues ces derniers mois.

Je voudrai aussi aborder quelques points de vue sur ces dernières semaines.

J’ai entendu souvent, et l’ai aussi relayé, l’espoir que cet évènement nous fasse prendre conscience et nous fasse changer nos modes de vie. Alors certes, je me réjouirai d’une baisse des pollutions, d’un ralentissement général et de prises de conscience massives, mais n’est-ce pas un peu irréaliste à aussi court terme et sans changement de fond ? Par exemple, comment demander au niveau individuel à chacun de renoncer à se rendre à son travail si l’emploi ou l’employeur ne permet pas le télétravail ? Et comment juger ou condamner que tout soit reparti « comme avant », pourtant chacun a repris son rythme par nécessité. Alors oui, peut-être qu’une réflexion se fera sur le moyen ou long terme pour repenser nos vies, mais il était utopiste de penser que nous allions redémarrer d’une manière différente. je suis d’ailleurs contente d’avoir repris mon activité professionnelle, alors pourquoi espérer que mon voisin agisse différemment.

N’allez pas croire que j’ai perdu ma fibre écologique et mon respect pour notre belle planète, au contraire, je les ai renforcés en me promenant et en admirant toutes ses merveilles et en affinant encore mon pouvoir de consommatrice responsable.

La question que je me pose sans avoir de réponse, est comment consommer mieux et moins sans nuire à ma coiffeuse, mon boulanger (c’est un mauvais exemple puisque je fais mon pain !) et tous ces artisans autour de moi ? )il y a longtemps que j’ai fait le choix de consommer le plus local et bio possible) et sans me nuire aussi parce que j’ai aussi besoin d’eux et de vous pour vivre. La décroissance certes, mais comment ? et sans laisser personne sur le carreau ! Nous allons devoir trouver des solutions innovantes et inédites et probablement que les prochains mois et années généreront turbulences et d’autres remises en question.

J’ai aussi envie de vous parler de tolérance, j’ai ressenti encore plus fortement ces derniers mois une intransigeance sévère envers tout. Peut-être, que c’est ce qui manque le plus dans notre humanité. A l’heure de l’information instantanée, nous perdons le recul sur les évènements et les absorbons sans aucun filtre et au premier degré sans pondération, remise dans le contexte et autre angle de vue. Je nous encourage pour un temps (une heure, une journée, une semaine) à passer aux filtres de Socrate* les informations que nous recevons et d’observer qu’est-ce que cela change en nous et dans notre relation à l’autre.

Finalement, et j’aurais peut-être pu commencer par cela, je souhaite que ces quelques mots vous trouvent en pleine forme vous et vos familles et que l’été qui s’annonce tout prochainement vous apporte sérénité et ressourcement.

Nathalie

 

*Les trois tamis de Socrate

est-ce vrai ? est-ce bon ? est-ce utile ?

Un jour, quelqu’un vint voir Socrate et lui dit :
– Ecoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.
– Arrête ! Interrompit l’homme sage. As tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
– Trois tamis ? dit l’autre, empli d’étonnement.
– Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu a as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est de celui de la Vérité. As tu contrôlé si ce que tu as à me dire est vrai ?
– Non; je l’ai entendu raconter, et …
– Bien, bien. Mais assurément, tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la Bonté. Ce que tu veux me dire, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?
Hésitant, l’autre répondit : non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire …
– Hum, dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as à me dire …
– Utile ? Pas précisément.
– Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier …

 

 

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